• La légende des voyageurs d'Outre-Temps

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    La légende des voyageurs d'Outre-Temps,

    ou comment et pourquoi des musiciens ont traversé les âges pour arriver à votre époque.

    * * *

    "Vous devrez, jeunes gens, prendre la mer vers l'ouest,
     voguer sur l'océan pour courir noble queste,
     en bordure du gouffre, là où finit le temps.
     Dans un nouveau souffle, vivrez plus de mille ans."

    Il y a très longtemps, sur la côte de la Grande Mer Atlantique, survint un événement étrange. Lors d’une nuit de ce que nous appelions "Samhain", le mage érudit de notre village, celui que nous nommions "druwid" à cette époque, avait eu une vision lui montrant les jeunes musiciens du village accostant une île de lumière, là-bas, vers l'ouest. "Vous en reviendrez transformés, et aurez un rôle important à jouer dans l'avenir" nous avait-il dit. C'est ainsi que nous dûmes partir à bord d'une embarcation sommaire en direction du couchant, sans nous douter un instant de ce qui nous attendait.

    Après plusieurs jours sur l'océan à nous nourrir de notre pêche et de nos maigres réserves embarquées, nous fûmes pris dans une violente tempête qui dura trois jours et trois nuits, puis qui s'arrêta subitement pour laisser place à un épais brouillard baignant une mer d'un calme plat, sans le moindre bruit. Le soleil était complètement occulté par cette épaisse brume et il nous était littéralement impossible de nous repérer. Cette atmosphère étrange nous mettait un peu mal à l'aise et des histoires de monstres racontées par les marins nous revinrent facilement à l'esprit...

    Puis, aussi subitement qu'il était venu, le brouillard disparut, laissant apparaître à quelques encablures devant nous une île auréolée d'une douce lumière dorée. La mer était toujours d'un calme si plat que le temps en semblait suspendu.

    Nous accostâmes sur cette île, dans une petite crique. L'air y était léger et agréable à respirer, transportant de multiples parfums floraux, mais à notre grand étonnement, pas la moindre âme qui vive n'y était décelable. Nous avions cette curieuse sensation d'être seuls au milieu de nulle part. Nous décidâmes de suivre un chemin qui montait, et là, derrière une déclivité du terrain, nous découvrîmes une cité majestueuse, rayonnante comme de l'or, entourée d'une solide muraille.

    Nous en fîmes bien le tour trois fois avant de nous rendre à l'évidence : il n'y avait pas de porte ! Devant cette impossibilité de pénétrer dans la ville, nous décidâmes de planter là notre bivouac pour la nuit.
    En nous réveillant le matin, nous fûmes atterrés de voir qu'une porte était ouverte, là, dans la muraille, juste devant nous. Quelqu'un se tenait debout devant. Nous allâmes bien vite nous présenter et le personnage nous dit : "nous vous attendions. Cette nuit, vous avez allégé vos âmes devant ces murs ; maintenant vous pouvez rentrer. Soyez les bienvenus sur Inis Gwenva".

    En pénétrant dans la cité, nous vîmes alors de nombreuses personnes dont les occupations semblaient bien loin de celles des gens de chez nous. Personne ne semblait avoir besoin de travailler pour vivre. Tous, seuls ou en petits groupes, s'exerçaient aux arts divers. Les uns s'adonnaient à la musique, d'autres à la peinture, d'autres encore déclamaient des poèmes ou encore conversaient en chantant, certains autres s'occupaient à réaliser des sculptures de toute beauté... Tous semblaient sereins et loin de tout souci, mais ce qui nous étonna le plus fut leur âge : aucun d'eux ne semblait accablé par les années et tous étaient de jeunes hommes et de jeunes femmes plein de vigueur. Nous demandions à notre guide quel était ce prodige.

    Il nous répondit : "sur Gwenva, le temps ne s'écoule pas comme sur votre Terre. Il s'écoule tellement plus lentement que chez vous, que vos druides nomment cette île "Tir na nOg", "Terre de l'Ouest", ou "Pays de la jeunesse éternelle". Les gens ici gardent leur aspect jeune et la pleine santé jusqu'à la fin. Au moment de l'inéluctable trépas, leurs forces les abandonnent, ils s'endorment et s'en vont dans un dernier sommeil… Et comme tout n’est que cycles, c’est pour mieux revenir, transformés, dans une éternelle renaissance.

    Tant que vous demeurerez ici, vous ne serez pas atteints par l'âge, mais vous ne devrez pas rester. Cette terre n'est pas la vôtre. Vous ne serez que de passage, car vous avez été choisis dans un but bien précis. Vous devrez pénétrer dans la fontaine sacrée et boire l'eau de la Source. C'est là le secret qui vous pourvoira d'une très grande longévité.

    Quand vous repartirez dans votre monde, vous serez ainsi prêts à apporter votre musique aux Hommes afin de faire perdurer l'âme des peuples Celtes, héritiers de l'Ancien Monde, malgré les fléaux qui s'abattront dessus. A votre retour chez vous, le temps se sera écoulé et vous ne reverrez plus les gens que vous connaissiez. Cela vous mènera à adopter une vie de vagabonds, butinant et essaimant votre musique là où vous passerez, fortifiant les âmes de ceux que vous croiserez.

    De temps en temps, vous serez de nouveau appelés à revenir ici vous ressourcer, afin de vous permettre de poursuivre votre mission longuement."

    Notre séjour sur l'île fût bref mais agréable. Outre le fait de boire à la fontaine, il nous fut donné la possibilité de voir l'avenir dans les remous de son eau. Nous y vîmes effectivement les nombreuses calamités qu'auraient à subir nos peuples, mais aussi les découvertes de nombreuses machines étranges, dont une qui servirait même aux hommes à voler dans les nuages, un jour...

    Vint enfin le moment de retourner chez nous. Après avoir embarqué de l'eau, des vivres, et bien sûr nos instruments de musique, une bonne brise nous ramena droit sur la côte d'Armorique en trois jours seulement. Après avoir hissé notre embarcation sur la grève, nous découvrîmes avec stupeur que tout avait changé. Le relief était bien le même, mais plus aucune trace de notre village, si ce n'est le fossé l'entourant, commençant à être envahi de végétation. Un autre village existait un peu plus loin, que nous ne connaissions pas, habité de gens inconnus parlant d'une façon étrange. Leur dialecte ressemblait un peu au nôtre, mais restait difficile à comprendre, et notre façon de parler semblait également les troubler. Un vieux du village, une sorte de druide vêtu d'une robe marron avec une croix en bois la ceinture réussit à saisir notre language et nous expliqua que nous parlions un dialecte vieux de plusieurs siècles ! Nous pûmes alors lui raconter notre histoire. Il nous apprit alors que notre pays avait été envahi par les légions de Rome et que notre peuple avait été réduit en esclavage, que Keltia était devenue la Gaule, qu'une nouvelle société était née du brassage des populations, et que plus tard, des guerriers venus de l'est, les Francs, avaient imposé leur pouvoir et bâti un grand empire qu’ils nommèrent France. Depuis, la noblesse se déchirait pour le pouvoir et les terres, abandonnant le peuple aux guerres, aux pillages et aux épidémies. Là nous apparut toute l’ampleur de notre tâche à venir, tous ces gens à qui redonner la joie de vivre…

    C’est ainsi que d'époques en époques, nous faisons revivre sans cesse notre musique, enracinée dans le terreau des âges, mais sans cesse renouvelée selon les modes, car pour toucher les cœurs, la musique doit vivre avec les gens. Nous voilà maintenant ici, à l’époque à laquelle je vous parle, et en votre compagnie, pour vous présenter notre troupe de ménestrels, du nom de ce fameux bateau vieux comme le monde, le Curragh.

     
     
     
     
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    Pour en savoir plus sur les autres mondes celtiques,
    et quelques unes de nos sources d'inspiration :
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Curragh-croix-333

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