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    De la même façon que les peuples Celtes,

    les Mélanésiens, peuple de marins ont transmis une sagesse ancestrale

     

     

    L'arbre et la pirogue

     

    Tout être est tiraillé entre deux besoins : le besoin de la Pirogue, 
    c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, 
    et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité.

    Et les êtres errent constamment entre ces deux besoins,
    en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre… 
    Jusqu’au jour, où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue…

     

    Proverbe mélanésien du Vanuatu

     

     

    - Avalon

    - Tir na nÓg / Inis Gwenva

    - La légende des moines de l'abbaye de St Mathieu

     

     

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    Avalon (Article Wikipédia)


    L'île d'Avalon ou d'Avallon est, dans la littérature arthurienne, le lieu où est emmené le roi Arthur après sa dernière bataille à Camlann. C'est aussi, selon certaines sources, l'endroit où fut forgée l'épée d'Arthur, Excalibur.

    C'est enfin l'île où vivait supposément la fée Morgane. Ce site légendaire a donné lieu à toute sortes d'interprétations en littérature et dans le folklore.


    Les sources anciennes
     
    La première mention de l'île d'Avalon apparaît sous la forme latine insula Avallonis dans l'Historia Regum Britanniae écrite entre 1135 et 1138 par Geoffroy de Monmouth. L'auteur nous dit qu'après la bataille de Camlan où Arthur fut mortellement blessé en combattant Mordret, le roi de Bretagne fut conduit sur cette île. En 1155, le poète anglo-normand Robert Wace offre une adaptation de l'Historia et reprend le motif consacré par Geoffroy de Monmouth : « en Avalon se fist porter Por ses plaies mediciner »
     
    Dans certains manuscrits de l'Historia comme dans les Brut, c'est aussi sur cette île que fut forgée l'épée Excalibur : « En l’île d’Avalon fut faite » (Ce qui peut aussi signifier qu'elle fut forgée à partir du minerai de l'île).
     
    Entre temps, en 1149, fut publiée la Vita Merlini, ou Vie de Merlin. Ce manuscrit est aussi attribué à Geoffroy de Monmouth bien que Merlin y prenne un caractère fort différent de celui que possédait le célèbre personnage lorsqu'introduit par Geoffroy dans l'Historia.

    Par contre l'auteur de la Vita y décrit toujours l'île d'Avallon comme étant le lieu où fut conduit Arthur après la bataille de Camlan. Notons cependant que le nom Avallon n'y apparaît pas, l'auteur préférant parler de « l'île des pommiers, appelée île Fortunée, parce que ses campagnes pour être fertiles n'ont pas besoin d'être sillonnées par le soc du laboureur ; sans culture et tout naturellement, elle produit de fécondes moissons, des raisins et des pommes sur ses arbres non taillés ; au lieu d'herbes son sol est couvert de toutes sortes de récoltes. On y vit plus de cent ans ».
     
    Ce nom d'île fortunée donné à Avalon est probablement emprunté à Isidore de Séville (VIe siècle) lorsqu'il décrit les îles Canaries, ou directement à Pomponius Mela (Ier siècle après J.-C.) lorsque ce dernier évoque « les îles Fortunées, où la terre produit sans culture des fruits sans cesse renaissants, et où les habitants, exempts d’inquiétude, coulent des jours plus heureux que dans les villes les plus florissantes ».
     
    Dans la Vita Merlini, l'auteur décrit aussi les fameuses habitantes de l'île d'Avalon : « Neuf sœurs y soumettent à la loi du plaisir ceux qui vont de nos parages dans leur demeure ; la première excelle dans l'art de guérir et surpasse les autres en beauté ; Morgen, comme on l'appelle, enseigne ce que chaque plante a de vertus pour la guérison des maladies ; elle sait aussi changer de forme et, comme un nouveau Dédale, fendre l'air avec ses ailes et se transporter à Brest, à Chartres, à Paris, ou bien redescendre sur nos côtes. On dit qu'elle a enseigné les mathématiques à ses sœurs Moronœ, Mazœ, Gliten, Glitonea, Gliton, Tyronœ, Thiton et Tith[en], la célèbre musicienne ».
     
    Ces neuf sœurs parmi lesquelles on reconnaît la célèbre Morgane sont là encore probablement les neuf prêtresses qui sont invoquées, par le même Pomponius Mela, dans sa description de l'île de Sein : « L'île de Sein, située dans la mer Britannique, en face du pays des Osismes, est renommée par un oracle gaulois, dont les prêtresses, vouées à la virginité perpétuelle, sont au nombre de neuf. Elles sont appelées Gallicènes, et on leur attribue le pouvoir singulier de déchaîner les vents et de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir des maux partout ailleurs regardés comme incurables, de connaître et de prédire l'avenir, faveurs qu'elles n'accordent néanmoins qu'à ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour les consulter. »
     
    Il est à noter qu'entre 1138 et 1149, Geoffroy de Monmouth, s'était posé la question de la mort d'Arthur. Alors qu'il concluait dans l'Historia par « Que son âme repose en paix ! », il écrit dix ans plus tard, dans la Vita Merlini :

    « Après la bataille de Camlan nous y avons conduit Arthur blessé, ayant pour pilote Barinthe qui connaissait la mer et les étoiles. À son arrivée le prince fut accueilli par Morgane avec l'honneur qu'il méritait ; elle le déposa dans sa chambre sur de riches tissus, découvrit la blessure d'une main délicate et l'examina attentivement : elle dit enfin qu'elle se chargeait de lui rendre la santé, s'il voulait rester avec elle le temps nécessaire et se soumettre au traitement. Pleins de joie nous lui avons confié le roi et nous avons profité du vent favorable pour notre retour. »
     
    Geoffroy voulait donc désormais laisser planer le doute sur le retour d'Arthur.


    Étymologie
     
    L'association d'Avalon avec la légende arthurienne est probablement une création de Geoffroy de Monmouth. Le nom même est sujet à caution. Aucune source armoricaine ancienne ne mentionne ce lieu et les auteurs des Brut gallois remplacent systématiquement insula Avallonis par ynys Auallach, ce qui montre que le nom Avalon n'était pas commun au Pays de Galles. Avallach est lui un nom d'homme très courant au Moyen Âge dans les généalogies galloises. Les triades galloises nous disent bien qu'Arthur fut enterré dans une grande salle sur l’île d’Avallach : « Ac y myvn plas yn Ynys Auallach y cladvyt » (TYP n51) mais ces triades sont contenues dans des manuscrits tardifs (XVe siècle). L'île est juste nommée dans le ms.Pen.185 : « Ynys Afallach » (TYP n90). Avallach y est l'une des trois îles en perpétuelle harmonie. Les deux autres étant « Nyghaer Garadawc » (Caer Caradawg) et « Mangor » (Bangor). Cette triade est à superposer à une autre triade du ms.Pen.228 qui identifie Avalach/Avalon à l'île de Verre, elle-même identifiée à l'abbaye de Glastonbury : « Bangawr, a Chaer Gariadawc, ag Ynys Widrin » (TYP n90). On voit ici que les compilateurs de ces triades connaissaient à la fois les textes latins de Geoffroy de Monmouth et les développements que leurs avaient donnés les moines de Glastonbury (voir plus bas). Il reste cependant possible qu'il ait existé des traditions concernant une île des pommes comme métaphore de l'Autre Monde.

    Peut-être cette île des pommes s'appelait-elle même Avalon. Loomis mentionne par exemple l'existence dès 1130 de l'expression « pour tôt l'or d'Avalon » employé dans un manuscrit continental.
     
    La présence d'une ville de la Gaule nommée Avalon, chez les Burgondes, pourrait même valider cette hypothèse, même si dans ce cas précis, et puisque l'Historia mentionne comme dernière bataille d'Arthur, avant Camblan, une bataille menée en Bourgogne dans le Val Suzon, entre Autun et Langres, il reste possible que le nom soit venu à l'esprit de Geoffroy de Monmouth par confusion avec le nom de cette ville de Bourgogne.
     
    Dans tous les cas, que ce soit sous la forme Avalon, Avallon, Avallach ou Afallach, le nom est fondé sur la désignation de la pomme et du pommier. En effet, « pomme » se dit aval en brittonique (breton, gallois), aballos en gaulois. Même dans l'esprit de Geoffroy de Monmouth, le nom devait désigner un endroit remarquable par ses pommiers, puisque qu'il l'identifie à l’insula pomorum (île des fruits). Notons que la ville d'Avalon doit probablement aussi se rattacher étymologiquement à la pomme et au pommier.


    Localisation
     
    L'île d'Avalon, comme toute l'histoire d'Arthur contée par Geoffroy de Monmouth, va connaître un certain succès dans la seconde moitié du XIIe siècle.

    Marie de France la décrit comme une île très belle, tout en précisant qu'elle ne la connaît pas puisqu'elle écrit : « ...à ce que disent les Bretons » 11. Ce qui semble montrer qu'elle ne se visitait pas au XIIe siècle et qu'elle n'est déjà plus vue que comme une légende. Dans Erec et Enide, Chrétien de Troyes la place dans l'actuelle Cornouaille continentale, puisque c'est là que se trouve berceau des anthroponymes Gradlon et Guyomarc'h :

    « Graislemiers de Fine Posterne / Gradlon du bout du Monde
    I amena conpeignons vint / Y emmena ses compagnons
    Et Guigomars, ses frere, i vint / Ainsi que son frère Guyomarc'h
    De l'Isle d'Avalon fu sire / Qui était le seigneur d'Avallon
    De cestui avons oï dire / Et dont on dit
    Qu'il fu amis Morgain, la fee/ Qu'il était l'ami de la fée Morgane
    Et ce fu veritez provee. / Et cela est la vérité. »
     
    La localisation d'Avallon à Glastonbury, dans le Somerset, à la fin du XIIe siècle est certainement due à la volonté des moines de cette abbaye d'appâter les pèlerins et de s'attirer les bonnes grâces du roi Richard Cœur de Lion en accaparant la renommée du désormais célèbre roi breton. La découverte fortuite, juste l'année suivant l'accession au trône de Richard, d'une tombe ornée d'une croix sculptée servira leur cause. Sur la croix en question était en effet gravée l'inscription :
     
    « Hic iacet sepultis inclitis Rex Arthuris in insula Avalona / Ci-gît enterré le glorieux roi Arthur dans l'île d'Avalon »
     
    Le Haut Livre du Graal (première moitié du XIIIe siècle) semble vouloir s'appuyer sur la localisation d'Avalon à Glastonbury. Lancelot arrive en effet à « l’Ille d’Avalon » (HLG, p. 822)13 qui n’est pas une île mais une vallée encaissée faisant bien dix lieues de longueur. Là se trouve le tombeau de la reine Guenièvre et celui contenant la tête de Loholt, fils d’Arthur. Les restes de Loholt y avaient en effet été déposés après que ce dernier fut traîtreusement décapité par le sénéchal Keu : « fist il le chief de son fil porter en l’ille d’Avalon en une chapele qui estoit de Nostre Dame » (HLG, p. 710). Le tombeau d’Arthur est lui aussi déjà prêt à recevoir le noble corps.
     
    L'auteur du Haut Livre du Graal affirme même que son texte est copié d'un manuscrit latin qui a été trouvé « en l’Isle d’Avalon en une sainte meson de religion qui siét au chief des Mares Aventurex, la oli rois Artuz e la roïne gisent » (HLG, p. 1052).
     
    Chez Robert de Boron, alors qu'Arthur s’apprête à partir combattre Rion à Tarabel, la « dame de l’isle d’Avalon » (MerlinProseV1, p. 213) vient lui demander son aide. Elle est ceinte d’une épée dont elle ne peut se débarrasser. Seul le meilleur chevalier au monde pourrait l’enlever. C’est Balaain le Sauvage qui s'acquittera de cette mission. Dans le Roman de l’Histoire du Graal, Joseph d'Arimathie avait confié le Saint-Graal à son beau-frère Hebron qui lui-même l’avait confié à son fils Alain, ce dernier le transporta alors dans les Vaux d’Avaron : « Qu'ès vaus d'Avaron s'en ira ». Il est possible que le lieu où l'on conduit ainsi le Saint Graal soit l’île d’Avalon.
     
    Les habitants de divers lieux ayant comme racine "aval" défendent la thèse de la présence du roi Arthur en dormition. C'est le cas de l'île d'Aval en Pleumeur-Bodou (Côtes-d'Armor), qui est en fait un îlot accessible à marée basse. Le roi y serait enterré sous un mégalithe.


    Interprétation mythologique
     
    L'île d'Avalon peut donner lieu à diverses interprétations mythologiques qu'il faut néanmoins prendre avec précaution.
     
    Si l'on se réfère à la tradition mythologique celte et plus largement, indo-européenne, l'île d'Avalon fait figure d'une sorte de pays des morts, comme les Champs Élysées, ou à tout le moins d'un Autre Monde. Le séjour d'Arthur en son sein n'est en effet pas définitif, le monde attendant le retour du roi qui doit intervenir tôt ou tard. Elle n'a donc pas nécessairement d'emplacement correspondant au monde réel, encore que son entrée puisse se situer à un endroit connu.
     
    De fait, Arthur y est conduit sur une barque par trois sœurs, et la référence aux pommes (aval dans les langues celtiques) dans le nom d'Avalon rappelle sa dimension d'immortalité, qui n'est une vie éternelle que par défaut : les blessures d'Arthur ne s'y soignent pas. La tradition mythologique grecque donne des éléments parallèles avec la barque de Charon et les pommes d'or du jardin des Hespérides, qui se trouvent également au bout du monde dans un jardin, c'est-à-dire un lieu clos.
     
    Dans les légendes irlandaises, Avalon est appelée Emain Ablach.

    ______________________________________________________________________________________________

    Dans les civilisations pré-colombiennes (Toltèques, Mayas, Astèques, etc), on trouve la variante suivante :

    Quetzal, ou plus exactement Quetzalcoatl, était la divinité dont la légende dit qu'elle enseigna
    aux indigènes d'Anahuac tous les arts utiles, y compris ceux du gouvernement et de la politique.

    Il avait la peau blanche et les cheveux clairs.

    Finalement, il quitta les rives d'Anahuac pour le pays fabuleux de Hapallan dans une barque en peaux de serpents.  

     
     
     
     
     
     
     
     
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    Le groupe Curragh

    remercie tout particulièrement pour leur aide précieuse :

     

     

    - La troupe Gaïawenn

    pour leur contribution à nos spectacles avec leurs danses envoûtantes, 
    et pour leur joyeuse compagnie, 

     

    - Marc Paulo

    pour l'enregistrement, le mixage et le mastering des morceaux,
    ainsi que pour son délicieux café arrangé, 

     

    - Evelyne Poirier et Valérie Guéguin

    pour la conception et la réalisation de costumes,
    ainsi que pour leur détermination et leur interminable patience,

     

    - Morgane Béal-Leborgne

    pour son aide à la confection des costumes et sa bonne humeur communicative, 

     

    Marie-Joëlle Hémery 

    pour les premières photos du groupe, et son aide à la confection des costumes, 

     

    - tous les autres contributeurs

    pour leurs photos et vidéos, 

     

    - et tous les gens

    qui apprécient notre musique et notre compagnie, bien sûr !

     

     

    Du fond du cœur encore, MERCI !!!

     

     

     

     

    * * *

     

     

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    Les moines de l'abbaye de St Mathieu


     

    Trois  jeunes moines navigateurs de l’abbaye de Saint-Mathieu, partirent au neuvième siècle pour évangéliser les terres qu’ils découvriraient. Leur histoire fut consignée par le chroniqueur Godefroy de Viterbe.

    Au neuvième siècle, période de Charlemagne, à l’extrémité de la Bretagne, sur une pointe rocheuse balayée par le vent et assaillie par les vagues, s’élevait une abbaye vouée à Saint Mathieu ; « la tête de l’apôtre avait été apportée en ce lieu, au VIe siècle, par des marchands du Moyen-Orient ». Des moines vivaient là, partageant leur temps entre la culture d’une terre aride, l’enseignement des saintes croyances et l’exploration de l’océan. Certains s’en allaient, en effet, pendant des mois vers le couchant à bord d’embarcations de type curragh.

    Trois jeunes moines s’embarquèrent sur des navires gréés de grandes voiles qui les portèrent d’un trait à l’horizon. Ils errèrent pendant de longs mois, luttant contre les tempêtes, se nourrissant de leur pêche, buvant l’eau du ciel.

    Un soir enfin, ils arrivèrent en vue d’une île étrange où se dressait une montagne constituée de blocs d’or. Eblouis, ils débarquèrent et parvinrent devant une ville entourée d’une enceinte colossale hermétiquement close. Et cette enceinte était également en or. Alors, ils s’assirent avec l’espoir de voir surgir quelqu’un qui pût leur dire où ils étaient. Mais la nuit passa et rien ne bougea que la lune dont ils suivirent la course dans un ciel rempli d’étoiles qu’ils ne connaissaient pas.

    Aux premières lueurs du jour, des portes s’ouvrirent d’elles-mêmes dans la muraille et les moines virent une cité entièrement en or qui étincelait sous le soleil. Ils entrèrent. Un étrange silence planait sur les rues désertes. Foulant des pavés d’or, ils longèrent des centaines de maisons, vides mais aussi brillantes que le saint calice de leur abbaye, des fontaines ornées de pierreries et des palais dont les façades étaient piquetées de gemmes. Puis ils parvinrent à une église ressemblant à une châsse ciselée par le plus habile des orfèvres. Ils y pénétrèrent ; il y flottait un parfum de rose…

    Etonnés de ne rencontrer aucun prêtre dans ce sanctuaire qui n’avait pas l’apparence d’un édifice abandonné, les moines entreprirent une exploration méthodique des lieux. Et voilà qu’ouvrant une porte au hasard, ils découvrirent dans les « logettes » deux vieillards aux barbes majestueuses, assis sur des trônes. Ces étranges personnages étaient immobiles comme des statues. Ils s’animèrent soudain et se levèrent pour saluer respectueusement leurs visiteurs.

    - Qui êtes-vous ? Dirent-ils. Et que voulez-vous ?

    Les autres répondirent qu’ils étaient moines, qu’ils venaient d’au-delà des mers et qu’ils ne voulaient, en ce bas monde, qu’adorer Dieu et faire sa Sainte Volonté.

    - Et vous ? Ajoutèrent-ils.

    Les vieillards parlèrent alors longuement dans une langue fleurie. De leurs discours un peu obscur, les moines crurent démêler qu’ils avaient affaire à Elie et à Enoch, que la ville où ils se trouvaient était gardée par des séraphins et qu’un aliment céleste nourrissait ceux qui avaient le bonheur d’y séjourner.

    De tels propos pour extraordinaires qu’ils fussent, ne parurent point extravagants aux braves moines qu’une lecture quotidienne des Saintes Ecritures avait habitués au merveilleux. Ce qu’ils allaient apprendre par la suite devait, en revanche les plonger dans un grand étonnement. Les deux vieillards, en effet, changeant brusquement de sujet, assurèrent que le temps ne se déroulait pas, sur leur île, au même rythme qu’ailleurs, et qu’un jour, chez eux, équivalait à cent ans dans les autres régions de la terre.

    - Tandis qu’ici, dirent-ils dans leur style particulier, trois fois l’astre du jour a donné sa clarté, de trois fois cent ans ont vieilli les êtres animés de vos contrées. De ceux-là qu’après votre départ, leurs mères ont engendrés, pas un seul, demain, ne sera vivant. La terre, de tout côté, a fait place à de nouveaux peuples et à de nouveaux rois. Et vous-mêmes serez vieux en arrivant là-bas… Puis ils demandèrent aux deux moines-prêtres du groupe de dire une messe. Quand l’office fut terminé, le vieillard qui prétendait être le prophète Elie prit la parole :

    - Le temps vous fait signe. Il vous faudra bientôt repartir. Si vous désirez, emportez des provisions d’or et de pierres précieuses. La brise marine vous portera jusqu’en vos demeures en cinq jours. Je vous vois jeunes au départ ; je vous aperçois vieux à l’arrivée…

    Alors, les moines dirent adieu aux vieillards et retournèrent vers la crique où ils avaient laissé leurs bateaux. Là, ils embarquèrent des paniers de fruits et des outres d’eau douce, réparèrent les voiles et les mâts qui avaient eu à souffrir des tempêtes au cours de leur long voyage. Lorsque tout fut terminé, ils quittèrent cette île fabuleuse où ils avaient passé trois jours. C’est alors que les paroles des vieillards se réalisèrent. Une brise s’éleva soudain qui gonfla les voiles et poussa les bateaux à une telle vitesse qu’en cinq jours exactement ils arrivèrent à la pointe Saint-Mathieu. Aussitôt, les moines montèrent vers l’abbaye, pressés de conter leur extraordinaire aventure...

    Mais ayant fait quelques pas, ils demeurèrent pétrifiés : les remparts n’étaient plus ceux qu’ils avaient connus, la ville était transformée, l’église ne ressemblait en rien à celle qu’ils avaient édifiée. Quant à l’abbaye, elle comprenait des bâtiments qui n’existaient pas à leur départ. Pris de crainte, ils pénétrèrent dans le cloître. Là, ils ne reconnurent personne : ni le père abbé, ni le prieur, ni le frère portier. Ils s’aperçurent avec terreur que tout, dans le pays, avait changé : l’évêque, le roi, les seigneurs, le peuple. Ils demandèrent des nouvelles de ceux qu’ils avaient connus. Personne ne s’en souvenait plus. Leurs noms même étaient oubliés. Les moines conclurent que leurs amis étaient morts et ils « en eurent grand deuil ».

    Et comme ils pleuraient en se rapprochant les uns des autres, ils découvrirent soudain avec effroi que leur peau était ridée, leurs cheveux blancs, leur corps décrépit, leurs mains diaphanes. Eux qui avaient encore tout à l’heure, au moment d’aborder la pointe Saint-Mathieu, l’aspect d’hommes jeunes et vigoureux, étaient devenus subitement des vieillards tremblants aux yeux éteints et aux bouches édentées. Le père abbé, les prenant en pitié à cause de leur grand âge, leur demanda d’où ils venaient et qui ils étaient.

    - Nous sommes partis d’ici, il y a trois ans, dirent-ils. Cette abbaye était la nôtre. Nous avons voyagé sur la mer, séjourné trois jours sur une île et nous revenons avec des fruits et de l’or. Mais nous ne reconnaissons plus rien ni personne.

    Le père abbé, fort intrigué, s’enquit de leurs noms, de celui de leurs bateaux et de la date de leur départ. Puis il alla consulter les archives de l’abbaye. Quant il revint, il avait l’air effaré :

    - D’après ce que je viens de lire, dit-il, vous n’êtes pas partis il y a trois ans. Les textes qui relatent votre départ et où se trouvent notés vos noms et ceux de vos bateaux sont beaucoup plus anciens. Ils ont trois cents ans… Comme les moines n’avaient pas l’air de saisir le sens de ses paroles, il ajouta :

    - Comprenez-vous ? Vous êtes partis il y a trois siècles !

    Alors, les voyageurs sentant qu’ils allaient bientôt mourir, racontèrent en détails leur aventure, décrivirent l’île à la montagne d’or, la ville étincelante, les deux vieillards qui prétendaient être Elie et Enoch, sans omettre les étranges propos que ces mystérieux personnages avaient tenus sur les temps différents. Quand ils eurent terminé, ils tombèrent morts et leur récit fut consigné dans les archives de l’abbaye.

    C’est ainsi qu’un jour le chroniqueur Godefroy de Viterbe put avoir connaissance de l’histoire fabuleuse de ces moines, partis de chez eux au IXe siècle, et qui ne revinrent qu’au XIIe…

     

     

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